PROBABLEMENT - INSTALLATION - 10 2003

120 m2 au sol, inox, traçage au sol peint, système d’éclairage 

Partenaire : Entreprise TGCP groupe HORIS, Jura

Exposition collective : « Alliages 2003 », Les Forges de Champagnole, Jura, 2003

Exposition personnelle : « F3 », L’Arteppes, Annecy, 2004

Ce jour aurait pu être un autre et m’éloigner encore plus de toi.

Denis est décédé d’un cancer le 6 novembre 2001. Un jour, j’ai griffonné sur une feuille toutes les années autres que 1947 - 2001 qui auraient pu être gravées sur sa tombe. J’ai noté alors cinquante cinq possibilités d’inscriptions : 1947 - 1947, 1947 - 1948, 1947 - 1949, 1947 - 1950… 

A partir de cette énumération, j’ai imaginé un village constitué de toits de maison en inox. Le choix du matériau me semblait important : il est le dernier contact direct avec son corps dans la chambre mortuaire à l’hôpital. Cinquante cinq toits aux formes toutes différentes et aux cinquante cinq couples d’années gravées, cinquante cinq lieux d’habitation qui symbolisent le fait que nous ne sommes jamais vraiment la même personne tout au long de notre vie. Certains toits n’ont pas pu voir le jour et ont été remplacés par un dessin géométrique de leur vue de dessus, peint en blanc sur le sol avec la date correspondante. L’ensemble a été agencé à la manière des emplacements qui composent un cimetière, aux allées éclairées d’une lumière diffuse et rasante. Les pierres tombales sont devenues des toits, les parois du cercueil: les murs des maisons enfouis en terre. La sépulture est le seul lien qu’il reste entre le défunt et son entourage, elle est aussi religieusement sa dernière demeure : aller sur sa tombe, c’est un peu lui rendre visite… Son inscription nous ramène à ce moment de séparation et à la réalité de l’absence.

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